Fin d'activité — cessation, mise en sommeil, radiation

Fiches pratiques / Démarches et obligations

mis à jour le 26 mai 2026

Mettre fin à son activité freelance suit une procédure dématérialisée centralisée au guichet unique INPI. Les obligations fiscales et de conservation des documents continuent au-delà de la radiation.

Cessation d'activité — la déclaration principale

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les formalités d'entreprise — création, modification, cessation — sont centralisées sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Ce portail remplace les anciens canaux (P4-CMB pour les EI / micro-entrepreneurs, CFE pour les sociétés).

La déclaration de cessation doit être déposée dans les 30 jours suivant la cessation effective de l'activité. Le formulaire dématérialisé varie selon le statut juridique, mais le portail vous oriente automatiquement vers la bonne procédure.

Une fois la déclaration validée, l'INPI transmet l'information à l'ensemble des organismes concernés : RCS, RNE, URSSAF, services fiscaux, caisses de retraite. La radiation des registres est donc automatique — vous n'avez qu'une seule formalité à effectuer.

Pour une micro-entreprise, la cessation est gratuite et la radiation est généralement effective sous quelques jours. Pour une société, la cessation au sens du guichet unique correspond à la radiation finale — elle intervient après les étapes de dissolution puis liquidation, qui nécessitent une assemblée générale, un liquidateur et la publication d'une annonce légale.

Obligations fiscales de fin d'activité

Impôt sur le revenu (IR)

Vous restez redevable de l'impôt sur les bénéfices réalisés entre le 1ᵉʳ janvier de l'année de cessation et la date de cessation effective (calcul pro rata temporis). En pratique :

  • L'année de cessation, la déclaration de revenus suit le calendrier habituel (mai N+1).
  • Vous déclarez les revenus de la période active uniquement.
  • L'administration régularise le prélèvement à la source sur cette base.

Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

La CFE est due pour l'année entière au cours de laquelle vous cessez votre activité — il n'y a pas de prorata légal. En revanche, vous pouvez adresser une demande de dégrèvement au Service des impôts des entreprises (SIE) si la cessation intervient avant le 31 décembre : l'administration peut alors réduire la cotisation au prorata de la durée d'activité.

Voir notre fiche sur la CFE pour le détail du calcul et des cas d'exonération.

TVA (si redevable)

Si vous êtes assujetti à la TVA, vous devez déposer une déclaration de TVA finale dans les 30 jours suivant la cessation (60 jours pour les redevables au régime simplifié). Cette déclaration récapitule la TVA collectée et déductible jusqu'à la date de cessation.

À cette occasion, vous pouvez récupérer la TVA déductible sur les biens et services restants (stocks, immobilisations en cours d'amortissement) — selon les règles de régularisation prévues par les articles 207 et suivants de l'annexe II du CGI.

Voir notre fiche TVA pour les obligations détaillées.

Déclaration sociale (DSI / URSSAF)

Les travailleurs indépendants doivent transmettre à l'URSSAF une déclaration sociale finale :

  • Micro-entrepreneurs : déclaration mensuelle ou trimestrielle finale couvrant la période jusqu'à la cessation, puis solde des cotisations.
  • Indépendants au réel : DSI intégrée à la déclaration de revenus N+1 pour la période active.

L'URSSAF procède ensuite à la régularisation définitive des cotisations sociales (assurance maladie, retraite, allocations familiales, CSG-CRDS) sur la base des revenus réellement déclarés.

Compte bancaire professionnel

Il n'existe pas d'obligation légale stricte de clôturer immédiatement votre compte bancaire professionnel après la cessation. En pratique, conservez-le ouvert tant que des mouvements peuvent encore intervenir :

  • Règlements clients tardifs ou recouvrements en cours.
  • Remboursements de TVA par l'administration.
  • Régularisations URSSAF ou fiscales (qui peuvent intervenir plusieurs mois après).
  • Derniers prélèvements (assurance RC Pro, abonnements professionnels en cours).

Une fois ces mouvements éteints (généralement 6 à 12 mois après la cessation), vous pouvez clôturer le compte sans frais en notifiant votre banque par courrier recommandé.

Mise en sommeil (sociétés uniquement)

La mise en sommeil est une alternative à la dissolution réservée aux sociétés (EURL, SASU, SARL, SAS). Elle permet de suspendre l'activité pendant 2 ans maximum sans dissoudre la structure juridique — utile si vous envisagez une reprise d'activité ultérieure ou un changement de cap.

La déclaration de mise en sommeil s'effectue via le guichet unique de l'INPI, sur le RNE.

Obligations pendant la mise en sommeil

Même sans activité, certaines obligations subsistent :

  • Aucun chiffre d'affaires ne doit être réalisé (sinon la mise en sommeil est caduque).
  • Déclaration annuelle de résultat obligatoire (résultat à zéro, mais frais fixes restants à déclarer).
  • CFE : éventuellement réduite sur demande adressée au SIE, mais pas automatiquement.
  • Dépôt des comptes annuels au greffe du tribunal de commerce.

Au terme des 2 ans

Deux issues sont possibles :

  • Reprise d'activité — déclaration de reprise au guichet unique, l'activité repart normalement.
  • Dissolution / liquidation — si vous ne reprenez pas dans les 2 ans, le greffe ou l'administration peut procéder à une radiation d'office ; mieux vaut anticiper en déclenchant vous-même la procédure de dissolution (assemblée générale, désignation d'un liquidateur, publication d'une annonce légale, dépôt des comptes de clôture, radiation finale).

Conservation des documents post-radiation

La radiation n'éteint pas vos obligations de conservation. Les administrations conservent leur droit de contrôle pendant plusieurs années — fiscalité, URSSAF, prud'hommes — et vous devez pouvoir produire les pièces justificatives à la première demande.

Durées légales de conservation des documents — synthèse 2026
Type de document Durée Texte de référence
Pièces fiscales (factures émises et reçues, déclarations fiscales, livres comptables) 6 ans Article L102 B du LPF
Pièces commerciales (contrats, correspondance commerciale, livres comptables, factures) 10 ans Article L123-22 du Code de commerce
Pièces bancaires (relevés, talons de chèques) 5 ans Article L110-4 du Code de commerce
Pièces sociales (registre du personnel, bulletins de paie, contrats de travail) jusqu'à 30 ans Code du travail (durées variables selon le document)
Statuts de la société (jusqu'à 5 ans après radiation) 5 ans Article 2224 du Code civil

En pratique, retenez 10 ans pour l'essentiel des documents comptables et commerciaux — c'est la durée la plus longue parmi les obligations courantes, qui couvre largement les 6 ans fiscaux. Pour les anciens employeurs (même un seul salarié occasionnel), la conservation des bulletins de paie va jusqu'à 5 ans après la fin du contrat, et certaines pièces sociales (registre du personnel) jusqu'à 30 ans.

L'archivage à valeur probante (norme NF Z42-013) est la seule façon de garantir l'intégrité, la traçabilité et l'opposabilité juridique de documents numériques sur la durée. Sans coffre-fort numérique certifié, des PDF stockés sur un disque dur ou un cloud grand public ne sont pas opposables en cas de contrôle. Voir notre fiche sur le coffre-fort numérique NF203.

Cas particulier — décès de l'entrepreneur

Pour les entreprises individuelles (EI, micro-entreprises), la cessation intervient de plein droit au jour du décès. Les ayants droit doivent :

  • Déclarer le décès aux services fiscaux et à l'URSSAF.
  • Déposer une déclaration de revenus pour la période active de l'année du décès.
  • Le cas échéant, demander la transmission du fonds (continuation par un héritier, vente à un tiers) — sous des conditions et délais précis.

Pour les sociétés, la situation est différente : la société continue juridiquement après le décès du dirigeant. Les parts ou actions sont transmises selon les règles du droit des successions ; les statuts peuvent prévoir des clauses d'agrément ou de continuation.

Récapitulatif des démarches

Fermez votre activité l'esprit tranquille. Freelancer vous permet d'exporter en un clic l'ensemble de vos données (factures, devis, paiements, déclarations) au format PDF + CSV. L'archivage à valeur probante NF Z42-013 via notre partenaire LegalySpace garantit la conservation pendant les 10 ans réglementaires — vous pouvez fermer votre compte Freelancer en toute sérénité, vos documents restent accessibles et opposables en cas de contrôle. En savoir plus sur notre coffre-fort numérique.

Si malgré nos efforts cette fiche ne vous semble pas claire ou pire, si vous avez repéré une erreur,
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